Comment Vivre Hypersensible : La Réduction du Bruit

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Dans ma quête pour une meilleure qualité de vie, le bruit a toujours été mon premier objectif. Que ce soit pour le sommeil ou la concentration, le bruit est un obstacle et fait partie des premières causes de fatigue chez les hypersensibles. Je vais donc passer en revue les différents impacts du bruit et les solutions que j’y ai trouvées.

L’impact du bruit sur le sommeil

Chat qui dort sur une étagère

Vers 16 ans j’ai commencé à être incapable de dormir sans boule quies et le sommeil était un sujet de dispute fréquent avec mes sœurs. Comme presque tout le monde à leur âge, elles restaient éveillées jusque tard, avec le bruit que cela implique. Ayant besoin de plus en plus de sommeil, je me couchais tôt et leurs discussions et activités m’empêchaient de m’endormir, même après l’adoption de boules quies.

Sans un calme absolu, le cerveau hypersensible a tendance à rester en mode vigilance. Il s’attarde sur le moindre petit bruit et reste en alerte, altérant la qualité du sommeil. Le sujet du sommeil des hypersensibles est passionnant est complexe, aussi je le développerais dans un article à part.

Et sur la concentration

Étudiante écrivant sur un carnet en face d'un ordinateur

Le bruit pose aussi des problèmes de concentration, particulièrement pour les hypersensibles. Le cerveau capte plus et se retrouve à devoir gérer des sons et conversations qu’il a du mal à ignorer. Il est possible de s’entrainer à fonctionner dans un environnement bruyant mais cela pose deux problèmes.

Le premier est la fatigue. Distrayant ou pas, le bruit fatigue et l’hypersensible en soufre particulièrement. Le deuxième est la capacité à se concentrer intensément sur une seule chose. Le bruit ambiant peut être considéré comme une distraction, quelque chose sur lequel le cerveau trouve de multiples points d’accroches et qui ralentit mécaniquement la réflexion sur son travail principal. remplacez le bruit par des notifications Facebook ou sms et vous avez la même chose. Pire, toutes ces distractions posent une empreinte résiduelle sur notre attention qui pollue le sujet qui nous intéresse vraiment : notre travail ou la personne avec laquelle on parle, par exemple.

S’habituer à fonctionner dans un environnement bruyant, c’est s’habituer à la distraction et donc à cette dilution de notre capacité d’attention et de concentration. C’est ce que certains appellent le multi-tâches : Gérer plusieurs activités simultanément. Or, le cerveau ne peut se concentrer que sur une pensée à la fois. Le multi-tâche est donc la capacité à passer d’une tâche à l’autre plus ou moins rapidement et avec plus ou moins d’attention résiduelle.

Malheureusement, entraîner le cerveau au multi-tâche a pour effet secondaire de le rendre dépendant à la distraction, ce qui rend quasi impossible la concentration intense requise pour résoudre des problèmes complexes ou produire un résultat d’exception. On en vient à avoir “besoin” de bruit ou de notifications, qui ne sont en fait que des satisfactions immédiates bien plus faciles à gérer.

A chaque environnement ses solutions

A la maison

Maison rouge dans un parc

Votre domicile doit être un refuge, un sanctuaire, un cocon dans lequel vous pouvez restaurer votre énergie sans anxiété et sans bruit. Si vous le pouvez, choisissez un quartier tranquille. Sinon, un indispensable de l’isolation phonique reste le double vitrage. Pour ma dernière année d’étude, j’ai fait l’erreur de me contenter d’un appartement doté de fenêtres à simple vitrage au bord d’une route. Sur la fin de mon séjour j’ai passé 3 mois à dormir moins de 5H par nuit, complètement à bout et sur les nerfs.

Si vous en avez les moyens, songez au rideaux phoniques qui peuvent réduire significativement le bruit en provenance de l’extérieur. Ils ont aussi l’avantage de bloquer totalement la lumière, un atout dans votre chambre pour favoriser un sommeil de meilleure qualité. Enfin, ils améliorent l’isolation thermique, ce qui n’est pas du luxe dans certaines régions en hiver.

Tout le monde aime être proche de la nature, les hypersensibles ont simplement tendance à s’en rendre compte plus facilement. En positionnant une grande plante verte dans chaque coin de votre appartement, le bruit sera atténué par les feuilles au moment de rebondir sur les murs. En plus de l’impact sur le bruit, les études montrent que de nombreuses espèces de plantes vertes aident à dépolluer l’air intérieur. Ça ne dispense pas d’aérer régulièrement, mais ça reste un point positif appréciable. Sans parler de la bonne humeur qu’elles favorisent !

Vous pouvez aussi remplir votre appartement de meubles bourrés d’objets denses comme des livres, mais je le déconseille pour une personne hypersensible. Avoir un appartement ou une maison pleine d’espace et avec juste ce qu’il faut de meubles est important pour ne pas avoir l’impression d’être dépassé par son environnement. De même pour les moquettes ou les tapis, qui certes atténuent le bruit mais ont tendance à capter la poussière, qui pose d’autres problèmes.

Au travail

Main d'homme sur un clavier d'ordinateur

Si vous avez l’occasion d’avoir votre propre bureau, n’hésitez pas ! Ça reste l’environnement le plus facile à contrôler et le plus agréable pour un hypersensible salarié d’une entreprise classique. D’autres options à explorer sont le télétravail et travailler en indépendant. Ces options, aussi rares et précieuses qu’elle soient, restent les meilleures pour la qualité de vie en général et pour le bruit en particulier. 

Si comme moi vous êtes victime de l’open space, ne perdez pas espoir. Par contre, je ne vous cache pas qu’il va falloir se battre. La première étape est de bien s’entendre avec ses collègues. Lorsque l’on n’apprécie pas quelqu’un, le moindre bruit qu’il ou elle produit devient d’autant plus désagréable. Une bonne entente permet aussi d’aborder plus sereinement la prochaine étape de la réduction du bruit dans l’open space : La négociation.

Vous devrez vous organiser avec vos collègues pour déterminer ensemble des règles de vie qui permettront naturellement de réduire le bruit ambiant. Par exemple, favoriser les emails ou éviter d’appeler quelqu’un à l’autre bout de l’open space. Il existe aussi de nombreuses options d’aménagement pour améliorer l’acoustique des espaces professionnels. C’est cher, mais si vous arrivez à convaincre vos supérieurs des gains potentiels en termes de productivité, ils seront peut-être prêts à faire cette dépense.

Rappelez-vous : la plupart des décisions d’une entreprise se basent sur les bénéfices qu’elle pourra en tirer. Ne cherchez pas à jouer sur l’émotionnel, concentrez vous sur les faits : le bruit diminue la productivité et augmente l’absentéisme.

Et partout ailleurs

Passage piéton dans une grande ville

Le casque à réduction active de bruit est LA solution miracle. Actuellement j’utiliser le Cowin E7 et il s’agit de l’un des objets les plus utiles dans ma vie, au même niveau que mon téléphone portable. Sans lui je ne survivrais pas à l’open space et il m’aide autant à la concentration qu’à la relaxation et la détente. Tout comme retrouver son chez soit fait réaliser à quel point la journée a été bruyante et agitée, mettre ce casque fait réaliser à quel point le monde extérieur est agressif et épuisant. En plus d’être relativement confortable, je n’ai noté aucun effet secondaire à une utilisation pour de longues périodes (jusqu’à 2H d’affilée), si ce n’est de légères douleurs sur le cartilage de mes oreilles sur la fin de la séance.

Un accessoire que j’attends particulièrement est le casque Kokoon, qu’il est possible de porter pendant son sommeil, en plus d’une myriade de fonctionnalités absolument géniales : EEG intégré, réveil en fin de cycle et extinction de la musique au moment de l’endormissement pour n’en citer que quelques unes.

Eviter le bruit

Lac tranquille cadré par des arbres

Mais la façon principale de réduire le bruit dont j’use et j’abuse, c’est de l’éviter au maximum. Cela veut dire ne pas aller dans des bars où je sais que la musique sera mise à fond, éviter les concerts auxquels je n’ai pas vraiment envie d’aller, et toujours prévoir une solution de repos ou de fuite si vraiment je n’ai pas le choix.

C’est une habitude qui peut être dangereuse car elle pousse à rester dans sa zone de confort et limite les occasions de sociabilité. Mais c’est malheureusement une question de survie, quand une simple soirée bruyante peut vous mettre hors service pendant 2 jours. L’idéal reste, je pense, de ne pas fuir entièrement ces sorties mais d’être stricte sur deux choses :

Les pauses

Toutes les 30 minutes, isolez vous pour reprendre votre souffle et vous ressourcer au calme. Ça vous parait trop fréquent ? Pourtant de nombreuses célébrités introverties ont adopté ce rythme, comme Tim Ferris auteur de La semaine de 4H ou Susan Cain auteure de La force des discrets. Ces personnes, qui sont quasiment obligées de participer à des soirées en compagnie de nombreux influenceurs, ont complètement intégré ces pauses dans leur boite à outils.

Vous pouvez optimiser vos pauses avec un casque à réduction de bruit ou, plus facile à transporter, des boules quies. Si possible éteignez la lumière. Entre 5 et 10 minutes devraient suffire avant de retourner au front.

Une échappatoire

Au bout de 2 heures, malgré les pauses, vous sentez que ça devient compliqué. Heureusement vous avez prévu une échappatoire : un ami avec qui vous vous êtes mis d’accord pour rentrer à une heure précise ou votre voiture qui vous attend sur le parking. Accepter de participer à une soirée peut être difficile quand on ne sait pas quand elle va se terminer et à quelle vitesse on va être épuisé.

Avoir une échappatoire peut vous aider à vous convaincre de sortir, si vous savez qu’au bout de 2 ou 3 heures vous pouvez vous enfuir pour aller vous reposer tranquillement chez vous. En plus, en prévenant certaines personnes clés de la soirée, vous évitez de vexer quelqu’un en partant tôt. Sur le long terme, ça vous permettra de participer à plus de soirées, plutôt que d’arrêter totalement de sortir de chez vous.